LA FOLLE AVENTURE DES 24 HEURES DE LA BALME / 17-18 – 09 – 22


SOUS LE SIGNE DU DON DE SOI, DE LA SIMPLICITE, DE LA CHALEUR HUMAINE ET DE LA BRAVOURE 

Tout a commencé en 2011 lorsque Frédéric Miollany sympathise avec Florent Thouret à l’occasion du 10ème Trail de Vulcain, concouru le 6 mars à Volvic, au coeur du pays des Arvernes. Le 65 km que pimentent 2500 m de dénivelé les a séduits, mais sa difficulté les pousse très vite à se serrer les coudes, avant que Flo et Fred ne concluent respectivement aux 27ème et 49ème rangs. Leurs dulcinées, Muriel Miollany et Virginie Thouret, apprennent aussi à se connaître en assistant inlassablement leurs moitiés à travers ce périple mené tambour battant. Dès lors, une solide amitié va se forger entre ces deux couples dont le principal centre d’intérêt repose sur cette discipline exigeante, mais ô combien enivrante, qu’est l’ultra-endurance.

Baptême du feu
Au tout début du mois de juillet 2013, Fred et Florent, domiciliés respectivement à Sillingy, près d’Annecy, et à Saint-Jean-d’Ardières, dans le Beaujolais, cherchent un 24 heures en Rhône-Alpes ou en Auvergne pour assouvir leur flamme. Pas de chance, celui d’Aulnat, programmé en novembre dans le Puy-de-Dôme, est annulé. Prévu le même mois, le Raid Le Puy – Firminy que soumet Florent n’arrive pas à convaincre Fred qui, en deux temps trois mouvements, déniche une toute autre idée, singulière celle-là : celle de mettre sur pied un 24 Heures en off dans la commune de La Balme-de-Sillingy, via un parcours qui s’y prête à merveille, distant de 2 km de sa demeure. Il s’agit du pourtour d’un lac artificiel, dénommé le « lac de La Balme », long de 1379 m pour un dénivelé de… 8 m (!) qui intervient, pour l’essentiel, peu après l’extrémité nord du plan d’eau. Cerise sur le gâteau, le sol est meuble, et donc très agréable pour cavaler. « Un remarquable terrain de jeu, tant par son tracé que par son décor, qui ne peut que régaler les coureurs », s’enthousiasme Fred Miollany.
Après avoir obtenu l’aval de la mairie, les trois coups sont frappés le samedi 2 novembre 2013 à midi. Seuls en piste, les deux forçats tournent à plein régime, d’autant plus qu’ils sont encouragés par leurs familles et leurs camarades. A l’image du Nonglardien Serge Fuentes qui jouera un rôle prépondérant à partir de 2014, ou encore de Nicolas Cointepas et de la Franco-Portugaise Ana Louranço, connus pour être d’éminents spécialistes.
Témoignant de leur résilience, les circadiens (1) affrontent sans vaciller une violente bourrasque de pluie et de vent qui noie le groupe électrogène et emporte l’unique tente installée. En fin de compte, Florent parvient à boucler 101 tours, soit 142 km, et Fred, 91 tours, soit 128 km.

Promotion et mise en valeur d’un site lacustre
Lors du verre de l’amitié, offert le dimanche par la municipalité afin d’honorer les deux « bizarroïdes énergumènes », Séverine Mugnier, alors adjointe, se félicite de cet événement insolite avant de leur lancer un défi : « Alors, allez-vous organisez une version officielle l’an prochain ? ». Les 24 Heures de La Balme venaient de naître !
Le souhait de la mairie d’en faire un rendez-vous pérenne ne fait qu’illustrer sa volonté de renforcer l’attractivité touristique du domaine du Tornet où s’étale, entre autres, le plan d’eau, niché entre la route départementale 1508 et le coteau du hameau de La Bâthie. Pourtant, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, le tourisme n’est pas à l’origine de ce lac qui a fêté en grandes pompes, le 6 juillet 2019, ses 40 ans d’existence. En effet, le développement fulgurant de la commune dans les années « seventies » ont nécessité d’impérieux besoins en eau incendie pour les usines, au premier chef Cricket-Dupont et ses 700 salariés qui produisaient un briquet jetable (2). Du coup, cette industrialisation a entraîné en 1974 un projet de réservoir avant qu’il ne capote deux ans plus tard (3), laissant place à un lac axé sur les loisirs (4).
A vrai dire, cette pièce d’eau figurait dès 1780 sur la mappe sarde. Frémissaient et miroitaient alors, lorsque la bise fut venue, un étang et sa belle chevelure de joncs qui subsistaient parfois jusqu’au printemps naissant.
Aujourd’hui, le domaine du Tornet est devenu l’emblème de la commune de La Balme-de-Sillingy, au même titre que la montagne de la Mandallaz. Depuis 2013, sa notoriété est raffermie par la présence de près de 350 cerisiers à fleurs d’Asie, composés de 145 variétés et intégrant à compter de 2016 le prestigieux label « Collection Nationale » (5). Hélas, les circadiens n’en verront pas la couleur, leur floraison embellissant le site du 18 avril au 15 mai (6). N’empêche, les ultra-fondeurs pourront se consoler en s’extasiant devant d’éclatants feuillages, qui en septembre commencent à virer au jaune orangé.
Autre atout maître du domaine du Tornet, le parc des Jardins de Haute-Savoie qui met en avant, depuis 2009, le territoire des Usses et Bornes à travers 54 jardins, aménagés par autant de communes parties prenantes (7). Un parc que le parcours des 24 Heures contourne depuis 2014, et ce contrairement à l’édition 0 qui se contentait de faire, stricto sensu, le tour du lac. En conséquence, la longueur augmente de 300 m, la boucle totalisant par ricochet 1679 m. Comprenant notamment le départ-arrivée, le ravito et le dortoir, le camp de base de cette manifestation a d’ailleurs été accolé à ce parc jusqu’en 2019.

Particularisme
Les 24 Heures de La Balme vont très vite trouver leur rythme de croisière. Disputé sous un soleil rayonnant, l’édition princeps des 1er et 2 novembre 2014 se taille ainsi un joli succès populaire comme l’atteste la venue de 180 participants. Parmi eux, émerge Nicolas Cointepas qui totalise… 216 km pour 127 tours (niveau national 4), soit 6 bornes de plus qu’en décembre 2013 à Bassens à l’occasion de ses premières foulées sur un 24 heures !
Mais ce millésime donne surtout naissance à un triple atypisme qui contribuera pleinement, au fil des ans, à l’insolente réussite de cette manifestation :
– Primo, la proximité pour ne pas dire la complicité qui règne entre les organisateurs, les bénévoles et leurs hôtes. Ici, on ne vend pas un service, mais au contraire on rend service en accueillant des coureurs qui sont perçus d’abord comme des potes.
– Deuxio, l’improbable base de vie, occupant jusqu’en 2019 l’atelier du parc des Jardins où l’unique ravitaillement et les lits de camp côtoient alors les… outils de jardinage ! En cette année 2022, cet épicentre, dénommé « le village des 24 Heures », déménage au bord du lac, à deux pas de la passerelle qui l’enjambe : un changement de lieu mais certainement pas d’atmosphère, celle-ci promettant une nouvelle fois d’être envoûtante, fraternelle, festive et solidaire. Et ce n’est pas l’Anglaise Jane Marie Tweddell qui dira le contraire, elle qui prend toute sa part dans cette ambiance à nulle autre pareille, en bichonnant inlassablement la bande de baroudeurs sur le ravito qu’elle gère de main de maître à compter de 2016.
– Tercio, les fameux compte-tours manuels, plastifiés en 2015 (rare concession à la technologie !), qu’actualisent les convives eux-mêmes. Pas de puce donc, et c’est tant mieux, tant ces compte-tours apportent une toute autre convivialité.
Une convivialité que cette pièce maîtresse qu’est Fred Miollany voulait d’emblée préserver pour ne pas dire sacraliser. Raison pour laquelle il s’est refusé de faire des 24 Heures de La Balme une pure compétition, d’où l’absence de classement officiel, l’identité des coureurs étant réduite à leur prénom et à l’initiale de leur nom.

Noble cause
En cette fin d’année 2014, après le succès de cette 1ère cuvée, certains ne manquent pas d’interpeller Fred : « Mais pourquoi faîtes vous ça ? ». Réponse : « Pour relever un défi personnel ». Réplique des contestataires : « Et… c’est tout ? ».
En filigrane, transparaît le désir de courir ou de marcher pour autrui. Du coup, Séverine Mugnier, devenue première adjointe au maire à l’issue des élections municipales de mars 2014, se charge de chercher la cause et l’association qui en est rattachée. Le choix se porte très vite sur K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie, fondé précisément à La Balme-de-Sillingy le 28 octobre 2014, suite au décès, trois mois auparavant, de Valentin à l’âge de 12 ans en raison d’une tumeur. Les divers protagonistes se rencontrent pour la première fois le 5 septembre 2015 lors du traditionnel forum des associations. Deux mois plus tard, les 24 Heures de La Balme, 2èmes du nom, devenaient à la fois sportives et caritatives. Pour les organisateurs, c’est le début alors d’une épopée inattendue, partagée avec Yannick Kawa qui préside aux destinées de cette association, et qui n’est autre que le papa de Valentin.

Le combat d’une vie : 10 ans à traquer le cancer
Un papa qui ne peut que forcer l’admiration en s’investissant corps et âme contre les tumeurs pédiatriques dont le nombre excède la soixantaine. Comment ? En mobilisant K Valentin dans l’aide au financement de la recherche contre ce type de cancer, première cause de décès par maladie chez les enfants et les adolescents de 1 à 15 ans, constate avec effroi Yannick Kawa : « Chaque année, près de 2500 d’entre eux sont diagnostiqués d’une tumeur. Et près de 500 en décèdent, souvent dans des conditions de souffrances que la plupart des Français n’imaginent même pas. » Hélas, les plus jeunes sont les grands oubliés de la recherche contre le cancer, se désole-t-il : « Moins de 2% seulement des fonds consacrés à la recherche contre les tumeurs sont alloués aux cancers pédiatriques. Mais alors pourquoi cette injustice ? Parce qu’ils sont rares, et de ce fait, très peu connus du grand public, ce qui explique l’insuffisance des financements caritatifs de la recherche », déplore amèrement Yannick Kawa.
Par malheur, les cancers pédiatriques ne suscitent quasiment pas l’intérêt des firmes pharmaceutiques, faute de rentabilité. Du coup, certaines voies thérapeutiques prometteuses demeurent inexplorées en France. Au bout du compte, seules des solutions palliatives sont proposées, faute de traitements adaptés.
In fine, le taux de guérison est variable au regard des deux cas suivants :
– Une progression importante de ce taux, de 72,5% sur 10 ans après le diagnostic, pour les tumeurs qui peuvent être soignées par des traitements initialement développés pour les adultes ;
– une faible progression de ce taux pour les tumeurs, en particulier cérébrales, qui nécessitent des traitements spécifiques. Par-conséquent, ce type de maladie exige des efforts supplémentaires en terme de recherche, et donc de financement.
En connaissance de cause, K Valentin apporte alors sans barguigner son soutien, généreux et durable, à la recherche médicale contre le cancer du cerveau de l’enfant. Installée à l’hôpital Gustave Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne), l’équipe bénéficiaire de ce don est celle du médecin-chercheur Jacques Grill, dédiée notamment au gliome infiltrant du tronc cérébral, en l’occurrence une tumeur maligne, réputée pour son agressivité.
Pour que le don de K Valentin à cette équipe soit le plus élevé possible, l’entièreté des bénéfices des 24 Heures de La Balme revient chaque année à l’association de Yannick Kawa qui a récolté pas moins de 9000 euros depuis 2015. Preuve de la mobilisation générale de l’escouade organisatrice, les dépenses occasionnées par les 24 Heures sont couvertes, depuis 2017, par les bénéfices du Trail de la Mandallaz dont le directeur de course est un certain Fred Miollany.

2015 : nouvelle dimension 
Indubitablement, cet évènement a changé de braquet dès son 2ème épisode. Grande première, K-Valentin se retrouve désormais sous les feux de la rampe, 267 euros lui étant alors octroyés.
Autre fait marquant, la création de trois formats de course qui s’ajoutent aux 24 heures : les 6 heures, les 3 heures et l’heure. Au final, quatre départs différents (8) et une mémorable arrivée commune le dimanche à 15 h 00, portant l’émotion à son paroxysme. Un épilogue rassembleur, qui soude encore un peu plus la grande famille des 24 Heures de La Balme.
Cet opus est également embelli par la seconde prouesse, celle-ci de niveau national 1, accomplie par Nicolas Cointepas sur l’épreuve reine. En effet, ce quadragénaire domicilié à Mûres réussit le tour de force de boucler 138 tours, soit 235 km s’il vous plaît ! Un record dont il est toujours le propriétaire, et qu’il n’a jamais battu depuis (9).
On ajoutera les performances très probantes accomplies par :
– Le dauphin de Nicolas, David Charolais (Team Chouka), qui a parcouru 170 km pour 100 tours ;
– Ana Louranço (Annecy-le-Vieux Of Course / Team Raidlight) qui a arpenté, toujours sur ces 24 Heures, 129 km pour 76 tours.
Enfin, l’été indien s’était invité, et ce pour la deuxième fois d’affilée, au domaine du Tornet, ce qui n’a pas pour autant épaissi, seule ombre au tableau, les divers pelotons qui n’ont regroupé qu’une centaine de runners. La fameuse citation de Destouches, « Les absents ont toujours tort », n’aura jamais été aussi vraie qu’à cette occasion…

2016 : les P’tits bouts en vedette
Ce 3ème cru très humide, il tombera des hallebardes sans discontinuer, coïncide avec l’apparition tant attendue, le dimanche matin, des courses enfants. « Une séquence absolument rocambolesque », se souvient l’homme-orchestre Fred Miollany qui en détaille la raison en éclatant de rire : « Aujourd’hui, nous pouvons l’avouer : nous avons complètement ” zappé ” leur organisation ! En effet, c’est sur un coin de papier, 30 minutes avant le premier départ, que nous avons mis au point ces réjouissances en recrutant, à l’ultime minute, quelques bénévoles pour encadrer les jeunes pousses, au nombre de 35. Et tout a été nickel ! Ouf, nous l’avons échappé belle ! »
Au final, K Valentin empoche 1317 euros grâce aux 170 casse-cous qui ont pris part à ces festivités. Parmi eux, on relèvera :
– La constance d’Ana Louranço qui récolte, sur les 24 Heures, un résultat (121 km pour 71 tours), assez proche des millésimes 2014 (127,5 km pour 75 tours) et 2015 (129 km pour 76 tours) ;
– Le coup de maître de Ludivine Cerise (La Ronde De Chavanod), qui inscrit à son tableau de chasse le record féminin des 6 Heures. Pour y parvenir, il lui a fallu arpenter 58 km, via 34 tours ;
– le temps référence par équipes, sur les 3 Heures, réalisé par le tandem du CD74 : 44 km pour 26 boucles.

2017 : la gent féminine à l’honneur
La météo encore une fois instable n’a nullement entravé l’engouement grandissant de cette manifestation, comme l’illustrent, sur ce 4ème opus, les 228 coureurs présents et les 2555 euros au bénéfice de K Valentin.
Les dames auront frappé les esprits, à commencer par la talentueuse Corine Gruffaz. Accourue de Bonne, cette quadra réalise, avec ses 184 km pour 108 tours (niveau interrégional 2) la plus belle prestation, tous genres confondus. Par là même, elle pulvérise la marque référence chez les femmes qui, sans risque de se tromper, n’est pas près d’être effacée.
Franchement, personne ne peut être surpris par ce fait d’armes au regard de ses deux titres de championne de France qu’elle raflera en 2019 à Brive (223 km 629) puis en 2020 à Vierzon (232 km 546). Sans parler de son record personnel, établi cette année à Brive en devenant vice-championne de France après avoir avalé 238 km 158. Autant de perfs de niveau international A !
Toujours à propos des 24 Heures, on focalisera son attention sur :
– Ana Couranço (Annecy-le-Vieux Of Course / Team Globetrailers), dauphine de Corine, qui égale son record personnel, établi en 2015 à 129 km pour 76 boucles.
Val & Sill’n Girls, première escouade entièrement féminine. Cumulant 138 tours, soit 235 km, les six filles qui ont eu la chance d’en faire partie auront brillé de mille feux.
Enfin, concernant les 3 Heures, on observera le résultat de Christophe B. Avec 34 km pour 20 boucles, il devient l’homme le plus véloce avant la cuvée 2022.

2018 : la déferlante
Les chiffres de ce 5ème épisode, concouru par un temps clément, parlent d’eux-mêmes, avec 320 participants et 3724 euros en faveur de K Valentin. Au final, deux records à la clef.
On mettra en lumière les morceaux de bravoure suivants :

Sur les 24 Heures :
– Les 112 tours, soit 190,40 km pour Pierre Boucher qui s’est dépensé sans compter afin d’écarter ses deux plus redoutables adversaires : Cédric C. avec 109 tours, soit 185 km 30 ; Pascal U. avec 103 tours, soit 175 km 10. Assurément, un sacré cru !
– Les 162 tours, soit 275 km 40 pour l’ADDDST, nouveau détenteur du record par équipes, qui tient toujours. Leurs six membres coiffent ainsi sur le fil Sill’N Run 1 qui avait bouclé en 2017 161 tours, soit 274 km.

Sur les 6 Heures :
– Les 36 tours, soit 60 km 20 pour Frédéric D., qui lui permet d’accaparer la marque référence masculine ;
– les 34 tours, soit 57 km 80 pour la traileuse gessienne Marion Jeandet, âgée de… 17 ans ! Seul Frédéric D. parmi ses 17 concurrents lui a été supérieur ;
– les 48 tours, soit 81 km 6 pour Les Petits Pédestres et leurs quatre coéquipiers, auteurs jusqu’à maintenant du kilométrage le plus important en équipe.

Sur les 3 Heures :
Enorme surprise avec la présence d’une grande championne : l’ultra-traileuse savoyarde Audrey Tanguy (Team Globetrailers), accourue de Saint-Pierre-d’Albigny ! A la vitesse de l’éclair, cette trentenaire avalera les 26 tours en 44 km 20, synonyme de record, hommes et femmes réunis.
Durant les deux mois qui ont précédé sa venue au lac de La Balme, la native d’Ambérieu-en-Bugey avait remporté la TDS avant de s’approprier la place de dauphine à la Diagonale des Fous. Depuis, elle a décroché en 2019 sa deuxième couronne sur la TDS puis terminé, la saison passée, 2ème des championnats de France de trail long. Cette année, elle a étrenné dans cette même discipline le maillot de l’équipe nationale lors des Europes, finissant 8ème, avant d’être sélectionnée aux mondiaux, disputés le 5 novembre prochain en Thaïlande.
On ajoutera son triomphe en 7h40’36 à l’occasion de son unique expérience sur 100 bornes, survenue en 2021 à Sacramento (Arizona). Une perf de niveau international A !
Par ailleurs, Audrey était accompagnée, au lac de La Balme, par deux autres gazelles savoyardes qui se classeront juste derrière elle :
– La traileuse et cycliste Marilyne Texier (Parcourir et Découvrir), 2ème après avoir dévoré 39 km 10 et 23 tours, malgré ses 52… piges !
Emmanuelle D., 3ème après avoir ingurgité 34 km et 20 tours.
Mais quel trio qui aura surclassé la gent… masculine !
Enfin, on saluera la prestation de Florent Thouret, figure de la première heure, qui s’est éclaté sur un 48 heures en off durant 90 tours, soit 153 km.

2019 : l’apocalypse !
Et dire que cette nuit cauchemardesque a bien failli stopper pour de bon ce 6ème millésime ! C’était sans compter sur la résilience qui émane de toute l’équipe organisatrice, bien décidée à maintenir en vie les sacro-saints 24 Heures de La Balme.
Fourbu mais heureux de ne pas avoir cédé aux caprices de la météo, Fred Miollany s’est fendu d’un communiqué, une fois les lampions éteints, pour revenir sur cette nuit blanche et arrosée :
« Notre week-end aura été vraiment dantesque. Comme le disait ironiquement un des coureurs, il n’y finalement plu qu’une seule fois, du samedi 18 h 00… au dimanche 15 h 00 !
Les 24 Heures et le temps, c’est depuis toujours ” je t’aime… moi non plus ” et cette année, nous avons été bien ” gâtés “. Mais se battre contre les éléments, c’est un peu notre marque de fabrique mais aussi celle, ne l’oublions pas, de nos participants.
Nous avons battu le record d’affluence sur les 24 Heures et les 6 Heures solo. En revanche, les conditions météo ont réduit dimanche l’audience des trois épreuves grand public, en l’occurrence les 3 Heures, l’Heure et les courses enfants.
2019, c’est aussi l’année où les 24 Heures auront chancelé, précisément à une heure du matin, quand le parcours du parc des Jardins et le village des 24 Heures étaient transformés en un étang boueux. Mais les 24 Heures ne s’arrêtent jamais comme l’ont prouvé les éditions pluvieuses de 2013, 2016 et 2017 ! En effet, nous avons pris la décision d’activer un itinéraire de repli et de remonter tentes et buvette sur le parking qui dominait la base de vie : en quelque sorte, la naissance du village des 24 heures ” d’en haut ” !
Et bien malgré ces intempéries, c’est 3133 tours, soit 5326 km arpentés autour du lac ; C’est aussi 160 coureurs ; C’est enfin 1500 euros remis à K Valentin.
Merci et bravo aux bénévoles et à nos hôtes pour avoir vaincu l’adversité ! »
Cette nuit, qui restera dans les annales, incitera pourtant Fred et son escouade à anticiper le rendez-vous des 24 Heures à la mi-septembre.
Pour terminer, on relèvera les trois prouesses suivantes :
Sur les 24 Heures :
– Le triomphe de l’Alsacien Valentino Cortese : 103 tours, soit 175 km 10 ;
– le succès féminin de la Bonnoise Corine Gruffaz, en roue libre par rapport à son réel niveau : 71 tours, soit 120 km 70.
Sur les 6 Heures :
La victoire de l’Aindinoise Marion Jeandet, tous genres confondus, à l’âge de 18 ans : 34 tours, soit 57 km 80, égalant sa prestation accomplie en 2018 lorsqu’elle s’était classée 1ère fille et 2ème au général.

Organisation
Aujourd’hui, les 24 Heures de La Balme sont co-orchestrées par les deux associations suivantes :
Aventure en Mandallaz, créée en préfecture le 10 février 2018 et dont le siège est à Sillingy.
Son président-fondateur est Frédéric Miollany.
Soulignons que cette assos a également la main sur le Trail de la Mandallaz.
K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie, créé en préfecture le 3 janvier 2015 et dont le siège est à La Balme-de-Sillingy.
Son président-fondateur est Yannick Kawa.
Toutefois, on ne manquera pas de mettre également l’accent sur :
– La mairie de La Balme-de-Sillingy, qui apporte un soutien résolu, quelle que soit l’équipe municipale, depuis l’édition 0, survenue les 2 et 3 novembre 2013. Avec mention pour Séverine Mugnier qui est intervenue de façon décisive à deux reprises : en 2013 pour avoir encouragé Fred Miollany à faire des 24 Heures une manifestation pérenne ; en 2015 pour avoir incité cette même personne à faire des 24 Heures un évènement caritatif.
– Le Comité des Fêtes et Réceptions de La Balme-de-Sillingy, créé en préfecture le 27 décembre 2008, qui aura donné un sacré coup de main en intégrant l’organisation de 2014 à 2017.

Clefs de voûte
En dehors du leader Fred Miollany qui agit dans tous les domaines, et bien sûr de Yannick Kawa, chargé du volet caritatif, deux chevilles ouvrières jouent un rôle de premier plan :
Muriel Miollany :
L’épouse de Fred, c’est la femme lige par excellence.
En premier lieu, elle a l’apanage des tâches administratives, des bénévoles et des courses enfants. Hormis cette triple activité, elle est aussi petite main, étant toujours occupée, ayant toujours un truc à faire. Bref, omniprésente et increvable !
Serge Fuentes :
Sergio, c’est la bonté même, connu en effet pour épauler efficacement ses potes dans toutes les courses du secteur.
Ici, il a pris sans hésiter le taureau par les cornes en étant responsable du terrain et de la logistique, mais aussi de l’incontournable débauchage des partenaires.

Cinq vœux
Concluons avec la tête pensante Fred Miollany qui espère énormément pour ce 7ème épisode des 17 et 18 septembre 2022 :
– Profiter du bel été indien annoncé ;
– perpétuer l’atmosphère des 24 Heures de La Balme, digne d’un conte de fées ;
– tirer avantage du village des 24 Heures de La Balme, et le dimanche de l’inédite baraq’ à Fab, avec ses succulents diots frites ;
– avoir vraiment, mais alors vraiment beaucoup de monde sur chacun des formats de course ;
– enfin, pulvériser notre record de collecte en faveur de K Valentin, qui culmine depuis 2018 à 3724 euros.

F.V. 

(1) Le circadien est le nom donné au coureur qui pratique les 24 Heures.
(2) Installée dans la commune de La Balme-de-Sillingy, l’usine Cricket fermera ses portes le 5 janvier 1987, le manque de compétitivité et les effets négatifs du dollar occasionnant des pertes importantes. 250 salariés resteront sur le carreau.
(3) Présenté par la direction départementale de l’agriculture, le projet d’un réservoir sur la commune de La Balme-de-Sillingy a été abandonné en 1976, suite au refus du conseil régional de participer à son financement. En effet, celui-ci ne pouvait subventionner que les lacs de plus de 20 ha. Or, la réserve de La Balme ne s’étendait que sur 5 ha et 20 a.
(4) Le 27 janvier 1978, le conseil municipal de La Balme-de-Sillingy vote à l’unanimité la mise en place du marché et la réalisation du lac.
Coïncidant avec le terrassement, le premier coup de pelle est donné le 25 juillet 1978.
Sa mise en eau intervient entre décembre 1978 et février 1979. Aussitôt après, pas moins de 140 000 poissons dont le poids atteint au total 2600 kg sont déversés dans le lac.
Et c’est le 16 juin 1979, sous une pluie battante, que le plan d’eau est inauguré par le maire Georges Daviet (1965-1989), père de François, lui-même ex-premier magistrat (2008-2020).
(5) Pépiniériste demeurant à Domancy, Franck Sadrin est à l’origine de la plantation, en 2013, de près de 350 cerisiers à fleurs d’Asie sur le domaine du Torney.
(6) Variant du blanc au rose, les fleurs de ces cerisiers à fleurs d’Asie, simples à cinq pétales ou doubles jusqu’à cent pétales, offrent au printemps un spectacle de toute beauté. La floraison est parfois si abondante qu’elle voile complètement les branches de l’arbre.
(7) Préfiguration d’un pays officiel, le territoire Usses et Bornes regroupe 54 communes localisées à l’ouest de la Haute-Savoie. Apparu en 1999, ce territoire périurbain constitue une zone intermédiaire entre Annecy au sud et le Genevois français au nord.
Il comprend :
– 15 % de la population de l’aire urbaine d’Annecy, dont celle de la commune de La Balme-de-Sillingy ;
– 7 % de la population de l’aire urbaine de Valserhône ;
– 5 % de la population de l’aire urbaine de Genève-Annemasse.
(8) A partir de 2015, les quatre épreuves des 24 Heures de La Balme, réservées aux adultes et aux cadets, s’élancent à des journées et à des horaires différents :
– Les 24 Heures : le samedi à 15 h 00 ;
– les 6 Heures : le dimanche à 9 h 00 ;
– les 3 Heures : le dimanche à 12 h 00 ;
– l’Heure : le dimanche à 14 h 00.
En 2016, se sont ajoutées les quatre courses enfants, qui pour leur part prennent leur envol le dimanche, suivant leurs catégories d’âge, à 10 h 30, 10 h 45, 11 h 00, enfin 11 h 30.
(9) Les 24 Heures de La Balme n’étant pas une compétition, le record personnel de Nicolas Cointepas dans cette discipline est officiellement celui obtenu en 2016 à Roche-La-Molière (Loire), avec 227 km 384 au compteur et une première place à la clef.
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INFOS PRATIQUES :

– E-mail des 24 Heures de La Balme :
https://24hdelabalme.wixsite.com/accueil

– Page Facebook des 24 Heures de La Balme :
https://www.facebook.com/24hdelabalme

– Site Web des 24 Heures de La Balme :
https://24hdelabalme.wixsite.com/accueil.
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PHOTOS :

Une flopée de clichés légendés enrichira progressivement cet album.

7ème édition des 24 Heures de La Balme, disputée les 17 et 18 septembre 2022 à La Balme-de-Sillingy.

L’Anglaise Jane Marie Tweddell qui ouvrira pendant toute la course son mythique ravito qu’elle gère de main de maître.
Elle prendra ainsi toute sa part dans cette atmosphère à la fois envoûtante, fraternelle, festive et solidaire, en bichonnant inlassablement la bande de forçats qui, en retour, sauront l’apprécier.
Elle est arrivée en 2016 pour accompagner son ami, le grenoblois Michel Le Merle, en lice sur les 24 Heures. Elle en a profité pour donner un coup de main durant toute la journée du vendredi qui précède l’évènement. Puis elle n’a fait ni une ni deux pour assurer l’unique ravitaillement.
Bossant pour une société de restauration collective, elle a convaincu son fournisseur, Union Primeur, de financer le ravito en 2017.6ème édition des 24 Heures de La Balme, disputée les 2 et 3 novembre 2019 à La Balme-de-Sillingy.

L’après-course :
– 1er à partir de la gauche : Yannick Kawa, président-fondateur de K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie ;
– 2ème à partir de la gauche : Jean-Pierre Benedetti, adjoint chargé des associations ;
– au centre : Frédéric Miollany, organisateur en tant que président-fondateur d’Aventure en Mandallaz ;
– 2ème à partir de la droite : Muriel Miollany, une des quatre principales chevilles ouvrières ;
– 1er à partir de la droite : l’Alsacien Valentino Cortese qui réalise la meilleure performance sur les 24 Heures, avec 103 tours, soit 175 km 10 ;
– à droite : les fameux compte-tours manuels, plastifiés en 2015 (rare concession à la technologie !), qu’actualisent les convives eux-mêmes. Pas de puce donc, et c’est tant mieux, tant ces compte-tours apportent une toute autre convivialité.

Crédit image :
Christian Lacote pour le compte du quotidien Le Dauphiné Libéré, en date du 6 novembre 2019.

6ème édition des 24 Heures de La Balme, disputée les 2 et 3 novembre 2019 à La Balme-de-Sillingy.

L’après-évènement (1er volet) :
Le chèque de 1500 euros, coïncidant avec les bénéfices des 24 Heures, remis par Frédéric Miollany à Yannick Kawa, le 17 novembre 2019, afin de financer la recherche contre le cancer du cerveau de l’enfant.
– Au centre : Yannick Kawa, président-fondateur de K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie ;
– 1er à partir de la gauche : Serge Fuentes, une des quatre principales chevilles ouvrières ;
– 2ème à partir de la gauche : Séverine Mugnier, première adjointe au maire de La Balme-de-Sillingy ;
– 3ème à partir de la gauche : Muriel Miollany, une des quatre principales chevilles ouvrières ;
– au centre : Yannick Kawa, président-fondateur de K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie ;
– 3ème à partir de la droite : Frédéric Miollany, organisateur en tant que président-fondateur d’Aventure en Mandallaz.

6ème édition des 24 Heures de La Balme, disputée les 2 et 3 novembre 2019 à La Balme-de-Sillingy.

L’après-évènement (2ème volet) :
Président-fondateur de K Valentin Actes et Espoirs pour la Vie, Yannick Kawa remettra le chèque de 1500 euros à l’équipe du médecin-chercheur Jacques Grill, installée à l’hôpital Gustave Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne).
Cette équipe se consacre exclusivement aux gliomes de l’enfant, et en particulier au gliome infiltrant du tronc cérébral, en l’occurrence une tumeur maligne, réputée pour son agressivité.
– A gauche : Claudia Pasqua Pasqualini ;
– au centre : Jacques Grill ;
– à droite : Marie-Anne Debily.

Crédit image :
Olivier Arandel pour le compte du quotidien Le Parisien, en date du 2 septembre 2020.
Cliché pris le 31 août 2020.